Des Vikings à Björk : La généalogie en Islande

L’Islande, est un pays qui m’a toujours fasciné, de sa culture en passant par ses paysages mythiques, à sa langue riche et surprenante. Aujourd’hui, j’ai envie de vous emmener avec moi en voyage, et d’explorer avec vous la généalogie islandaise. D’autant plus qu’il existe quelques curiosités au pays des volcans et des fjörds… Allez, on embarque ?

Reykjavik
La jolie capitale Reykjavik

 

Le système des noms de famille

Pour commencer, parlons un peu d’un élément généalogique essentiel : le nom de famille. Alors, comment vous dire… Oubliez tous vos repères et connaissances sur les noms ! En Islande, tous les noms sont patronymiques ou matronymiques, c’est-à-dire que le nom de famille est directement lié au prénom du père ou de la mère. Ainsi, on estime que 9 Islandais sur 10 ne possède pas de nom de famille à proprement parler, qui leur appartient, mais un nom patronymique/matronymique.

Noms de famille islandais

Pour les garçons, les noms de famille se finissent par « son », qui signifie « fils de ».

Pour les filles, o utilise « dottir » : « fille de »

Prenons la célèbre chanteuse Björk comme exemple. Son nom complet est Björk Guðmundsdóttir. Cela signifie qu’elle est la fille de Guðmundur.

Portrait Björk
La chanteuse islandaise Björk

Björk ne vous dit rien ? Je vous laisse découvrir le phénomène ici.

Les Islandais, tous cousins ?

viking

Un peu d’Histoire pour comprendre…

L’Islande est un pays certes grand, mais qui compte peu d’habitants : 320 000. La densité de population y est donc très faible.

Les origines de l’île se trouvent dans la colonisation de l’Islande au IXe siècle par des Vikings originaires de Norvège, puis par les Danois. Les seuls apports extérieurs par la suite sont ceux des Celtes d’Irlande et d’Écosse. Depuis, de part sa position isolée et son climat rude, l’île n’a pratiquement pas connu d’immigration. Je vous laisse imaginer ce qui arrive alors… et oui, de l’inceste ! Autant vous dire qu’en Islande, la généalogie prend donc une dimension tout de suite plus pragmatique que chez nous.

En 2010 a été créée Islandingabók, (ou Le Livre des Islandais en français), une banque de données qui recense les liens de parenté entre les habitants de l’île jusqu’à 1200 ans en arrière. Le site a même par la suite lancé sa propre application mobile, ÍslendigaApp, développée par des ingénieurs. Ces outils permettent de vérifier rapidement si l’on a un lien de parenté proche avec quelqu’un, notamment un potentiel partenaire.

Cette homogénéité ethnique, assez unique au monde, a donné lieu à une expérience à la fois originale et controversée : le fichage génétique et médical de l’ensemble des Islandais, en parallèle de la création d’un arbre généalogique, dans le but de faire des recherches sur les maladies génétiques. Cette expérience a été autorisée par une loi votée en 1998 par l’Althing  pour le compte de DeCode Genetics, une société islando-américaine travaillant au service du géant pharmaceutique suisse Hoffmann-La Roche. Si 280 000 Islandais ont accepté le fichage, 20 000 ont refusé, craignant les dérives du fichage et le non-respect du secret médical.

Un petit point linguistique pour finir

Véritable miroir de l’Histoire islandaise, la langue islandaise (íslenska en islandais) n’a quasiment pas changé et évolué depuis sa naissance ! L’occupation danoise, qui dura pourtant 600 ans, n’aura pas eu raison de la langue, et aujourd’hui, la politique linguistique souhaite conserver une « pureté » de la langue et est très protectionniste. Il existe par exemple une liste de prénoms autorisés à donner aux nouveaux-nés, et ceux-ci sont exclusivement islandais. Tout prénom en dehors de cette liste se verra refusé. L’objectif est d’éviter la disparition de l’Islandais, dont l’Islande est le seul foyer, au profit d’autres langues largement parlées dans le pays, comme le danois ou l’anglais.

L’isolement de l’Islande et son importante tradition écrite ont permis une conservation exceptionnelle de la langue d’origine, non seulement dans sa version écrite, mais également dans sa version orale. Ainsi, les Islandais d’aujourd’hui sont tout à fait aptes à lire les sagas islandaises et les textes anciens.

Vous voulez vous mettre à l’Islandais ? En voici un aperçu avec la traduction de l’Article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme :

Article premier Déclaration universelle des droits de l'homme

 

Við sjáumst ! 🇮🇸 (à bientôt)


Sources :

http://www.slate.fr/lien/54863/islande/application-genealogie-eviter-inceste

https://blog.myheritage.fr/2012/08/lislande-et-son-arbre-genealogique/

Photo : Helgi Halldórsson

Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic license, Wikipédia

 

Justine 🖋

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